Cécile Bonduelle est sculpteure plasticienne, travaille et vit à Vitry sur Seine.

Assembler, couturer, repriser, réparer, ses gestes  ne cessent  de créer du lien.

A l’héritage du Land Art, dans son œuvre s’ajoute l’influence d’une forme de pensée surréaliste. Objets du quotidien recyclés révélant la friction et les champs de forces paradoxaux. Humour, dérision aussi.

Avec « Lâcher prise », installation monumentale, l’artiste met en scène une roche brisée, posée verticalement sur le sol, puis recousue par un long tendeur pour conjurer le porte à faux : six tonnes qui taquinent la gravité. Le lien agit ici au sens propre comme au sens figuré : en reliant ces masses minérales d’un seul fil, l’artiste fait se rencontrer forces telluriques et univers de la couture domestique, comme si le soin du reprisage pouvait s’appliquer aux dolmens et aux murs.

Dans l’œuvre intitulée « traversée » des rebuts de coques de bateaux assemblés comme un tissage pixelisé, des bois usés jetés à la décharge construisent un tapis de mémoire, véritable répertoire du patrimoine maritime. L’artiste, dans un geste aussi physique qu’obstiné enfile les fragments de bois comme un marin remaille son filet. Joyeuse surface colorée installée au sol, liée à la terre, ce tapis polysémique est à la fois tableau de paysage, sculpture qui s’étend comme une onde, déployant son énergie et symbolisant l’usure du temps .

L’artiste utilise supports et techniques éclectiques pour orchestrer l’unité dans tout ce qui tend à la division ou la dispersion. Depuis de nombreuses années, Cécile Bonduelle explore la condition humaine, suggère la fragilité d’une histoire en perpétuelle réécriture, une constante recherche de l’équilibre.