Je suis sculpteure plasticienne, travaille et vis entre l’ile d’Yeu et Vitry sur Seine.

Je travaille avec les matières et les idées auxquelles j’essaie de donner une forme.

À l’héritage du Land Art et à la ferveur de l’art brut, s’ajoute, à mon travail une sorte de pensée surréaliste.

Mes pièces questionnent  l’identité, le lien, l’équilibre.

J’ explore la condition humaine, suggère la fragilité d’une histoire en perpétuelle réécriture, vers une constante recherche de l’équilibre.

j’ utilise la matière brut et l’oppose avec des matériaux au rebut marqués d’histoire.

Combinant symbolique de l’inconscient, humour et contraste, je tend à révéler la friction entre les champs de forces paradoxaux., à mettre en évidence l »ambivalence des choses, car de cette ambivalence nait la vie…

Des fragments sont mis en scène : tentative de transformation, d’orchestration d’une Unité possible.

Rassembler, repriser, raccommoder, relier tout ce qui tend à la division, la dispersion , la disparition.

 

« Je couds, reprise, tisse, sertis, transforme :

– des roches entre elles pour retenir la terre,

– des bâtiments au sol pour interroger leur destruction,

– des polochons pour retrouver le sommeil, conjurer l’insomnie.

– des fragments de bateaux de pêches comme tapis de mémoire pour digérer la transformation d’un port.

– des bleus de travail pour évoquer le démantèlement d’une usine et convier à imaginer une nouvelle partition avec des morceaux du passé,

– des gravats pour proposer un lieu où la vie peut germer de nouveau, comme si chaque débris était une graine,

– les hommes ensemble sous une même maille pour expérimenter en conscience la promiscuité… »

 

« Presque tout ce qui arrive est inexprimable et s’accomplit dans une région que jamais parole n’a foulée. Et plus inexprimables que tout sont les œuvres d’art, ces êtres secrets dont la vie ne finit pas et que côtoie la nôtre qui passe. »

Maria Rainer Rilke – Lettres à un jeune poète.